1. Quel est votre rôle en tant que responsable de l’accueil de jour au sein de la résidence ?

Mon rôle principal consiste à :

  • Accueillir les demandes des familles, des aidants et des professionnels de santé. J’échange sur la situation de chaque personne afin de proposer un accompagnement adapté, qui prend en compte les besoins spécifiques des personnes accueillis ainsi que de ceux de leur entourage. 
  • Coordonner l’équipe composée de trois assistantes de soins en gérontologie.  
  • Organiser les activités et les ateliers proposés durant l’accueil de jour. Je veille à ce que ces activités soient cohérentes et pertinentes, toujours axées sur leurs besoins.
  • Mettre en place et suivre les projets personnalisés. À mes yeux, c’est vraiment important.  Il s’agit d’évaluer et de réévaluer nos accompagnements, tout en se questionnant également sur nous-mêmes. Nous sommes constamment en recherche de moyens pour renforcer notre accompagnement.

LE SUIVI PERSONNALISÉ 

Lorsque nous accueillons une nouvelle personne au sein de l’accueil de jour, nous commençons par écouter histoire de vie de la personne. Cela implique de poser un certain nombre de questions pour mieux comprendre sa situation, notamment par rapport à sa pathologie, son autonomie et ses dépendances.  

À partir de cette analyse et des observations faites durant le premier mois d’essai, nous élaborons des objectifs de travail personnalisés afin que la personne puisse conserver son autonomie le plus longtemps possible. 

« Le but de l’accueil de jour, c’est vraiment ce travail autour de l’autonomie dans les gestes de la vie quotidienne, pour qu’il reste au domicile le plus longtemps possible. »

Je suis également attentive à l’évolution des pathologies et j’alerte lorsque je constate qu’une personne accueillie pourrait avoir besoin de plus d’aide ou envisager une entrée en établissement (en hébergement permanent ou temporaire).

2.Comment êtes-vous parvenue à la fonction de responsable d’accueil de jour Ambre à Asphodia ?  

FORMATIONS 

J’ai commencé mes études dans un univers bien différent, en sciences humaines et politiques car je suis passionnée d’histoire et de politique. J’ai obtenu une licence et entamé un master mais à un moment, j’ai réalisé que même si cela me passionnait, ce n’était peut-être pas la voie qui me convenait pour l’avenir.  J’ai fait un bilan de compétences et on m’a conseillé les métiers de l’accompagnement auprès des personnes fragilisées. J’ai alors choisi de devenir aide-soignante. 

J’ai donc débuté ma carrière en tant qu’aide-soignante et, rapidement, j’ai suivi une formation d’assistante de soins en gérontologie. 

J’ai toujours eu un besoin constant d’apprendre et de m’enrichir. Au fil des années, j’ai complété mes diplômes par : 

  • Un diplôme universitaire (DU) en gérontologie 
  • Un DU maladie d’Alzheimer, troubles apparentés et accompagnement non médicamenteux. 
  • Un diplôme de chef d’équipe et de service. 

« Encore aujourd’hui, je continue d’apprendre chaque jour au contact des résidents. C’est pour cela que j’aime ce métier : on rencontre des personnes avec des profils et des histoires de vie totalement différentes. C’est toujours magique de les entendre nous raconter tout ça. »

PARCOURS PROFESSIONNEL

En ce qui concerne mon parcours professionnel, j’ai longtemps exercé dans le secteur du domicile. J’ai notamment fait partie de la toute première Équipe Spécialisée Alzheimer (ESA) en 2015, une équipe que j’ai co-construite.  

Après 12 ans dans ce secteur, j’ai ressenti le besoin de relever un nouveau challenge en structure, car j’aime les projets et les défis. 

C’est lors de réunions partenariales que j’ai rencontré le directeur d’Asphodia. Un poste allait se libérer au sein de l’accueil de jour, il me l’a proposé, et tout de suite, j’ai su que c’était une belle opportunité.  

Cela fait maintenant près de 6 ans que je suis responsable de l’accueil de jour chez Asphodia. 

TRAVAIL DANS LE DOMAINE DU GRAND ÂGE 

En tant que soignante à domicile, j’ai été confrontée aux pathologies neuro-évolutives et j’ai remarqué qu’il y avait peu de formation et d’accompagnement pour ces personnes qui en sont atteintes. Je trouve ce public vraiment riche et inspirant. Ils ont tellement à nous apporter grâce à leur vécu. 

« On se doit de les accompagner dans la dignité et dans le respect parce que je crois qu’entre êtres humains, c’est le minimum qu’on puisse faire. » 

Je respecte également énormément les familles, car ce n’est pas facile pour elles. Le peu de répit que nous pouvons leur apporter me rend fière de notre travail. 

Chaque jour est différent et il n’y a jamais de routine. C’est ce que j’adore dans mon métier. De plus, j’ai la chance d’avoir une équipe formidable, et sans elle, l’accueil de jour ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. 

« Je sais ma chance et je peux dire que je m’épanouis pleinement dans mon travail. »

3. Quelles sont vos principales activités / missions à Asphodia ? 

Avec les résidents 

Ma mission avec les personnes accueillies s’articule principalement autour des ateliers thérapeutiques que j’organise tout au long de la journée avec mon équipe.  

Parmi ces ateliers, on retrouve : 

  • Les ateliers moteurs, tels que la gym douce ou des séances de réveil musculaire, qui aident les résidents à maintenir leur mobilité.  
  • Les séances de psychomotricité, grâce à l’intervention hebdomadaire d’une psychomotricienne, qui anime des parcours psychomoteurs. 
  • Les ateliers cognitifs, où nous travaillons sur des thèmes variés, comme des proverbes ou sur des faits historiques. 
  • Une revue de presse hebdomadaire qu’une collègue et moi avons mis en place, où nous discutons à la fois de l’actualité récente et d’événements passés.  

 

Avec les EQUIPES 

Depuis mon arrivée, j’essaie vraiment de créer un lien entre l’accueil de jour et le reste de l’établissement. J’encourage les échanges entre les équipes, en invitant les résidents de l’Ehpad à participer à certaines de nos activités et en nous intégrant dans les événements de l’établissement. 

Avec mon équipe, je m’efforce d’être à l’écoute et de les soutenir dans leurs projets. Je les accompagne du mieux que je peux, en écoutant leurs idées. Consciente des risques psychosociaux que notre travail peut engendrer, je mets en place des moments pour que chacun puisse « vider son sac ». Ces échanges sont précieux et renforcent notre cohésion.
Même si je suis leur supérieure hiérarchique, je valorise un esprit de collaboration, où chacun travaille ensemble.  

4. Selon vous, quelles sont les qualités nécessaires pour être une bonne responsable de l’accueil de jour  ?

Avant tout, il est essentiel d’aimer les gens et d’avoir une véritable empathie pour les autres. 

Il faut également : 

  • Faire preuve de bienveillance au quotidien
  • Se remettre en question régulièrement, car les choses évoluent constamment, et il est important que l’accueil de jour évolue en parallèle 
  • Développer des compétences en communication et en commercialisation car cela nous permet de mieux faire connaître notre service
  • Être humble car le succès de l’accueil de jour ne repose pas uniquement sur moi, mais sur l’équipe que j’ai construite et sur la réputation que nous avons développée ensemble
  • Être exigeant car il est nécessaire d’être exigeante envers soi-même et envers l’équipe pour garantir un niveau de service optimal et une qualité d’accompagnement

« On se doit chaque jour de venir avec humilité, avec respect et amour de l’autre. Ça, on ne peut pas passer à côté. »